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l'Isard
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Chapelle
Notre Dame
de l'Izard
Auteur: abbé Eychenne,
curé de
Seintein de 1980 à 1997.
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Depuis toujours le pèlerinage, sous bien
des formes, fait partie de la vie chrétienne. Marie a
fidèlement accompli à Jérusalem les pèlerinages que
le Seigneur demandait trois fois par an à son Peuple. De
notre temps, les pèlerinages chez les jeunes et les
anciens retrouvent un regain d'intérêt. Notre-Dame de
l'izard est l'un de ces hauts lieux où les fidèles du
"Biros", du Couserans et de l'Ariège aiment
venir prier Marie, leur Mère, lui confier leurs soucis
et leurs peines, leurs proches et leur pays.
Notre-Dame aime la montagne et elle aime que l'on vienne
en pèlerinage en des lieux où la beauté de la nature
et où l'effort (car pour aller à l'izard, ça grimpe)
en nous dépouillant de nous-même nous portent vers Dieu.
La Chapelle de l'izard, en son site si beau et
majestueux, nous permet, seul ou avec tout un peuple en
marche, de redécouvrir la grandeur de notre vocation chrétienne
et malgré les épreuves, de connaître par
l'intercession de Marie, la proximité d'un Dieu bon et
compatissant.

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CHAPELLE de NOTRE-DAME
DE L'IZARD
à 1.322 m d'altitude
Cette chapelle est située dans la vallée
du "Biros",
sur la paroisse d'Antras, par Sentein (Ariège).
Cette chapelle, dédiée à Notre-Dame des Neiges - fête,
le 5 août - est située en pleine montagne, face au Crabère
et à l'étang d'Araing.
A ce sanctuaire, très vénéré dans la région, au
milieu d'épaisses forêts et sur les flancs d'une
montagne dite de l'izard, on y arrive par des sentiers
abruptes.
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La préhistoire
Sur cet emplacement, que couvrent les neiges pendant
l'hiver et que quelques bergers fréquentent en été, s'élevait,
dit-on, au temps du Paganisme, un autel consacré aux
dieux Pan et Sylvain. La pierre du sacrifice aurait été
transportée au musée de Toulouse où elle serait encore.
En période chrétienne
A une époque inconnue, quand la religion chrétienne eut
pénétré dans ces montagnes, les pâtres, qui avaient
renoncé au culte des idoles, étaient fidèles à aller
entendre la messe tous les 15 jours dans leurs paroisses
respectives.
Un jour, un pâtre d'Antras refuse obstinément de
descendre des pacages pour venir à la messe à son tour
de quinzaine.
II était attiré à un endroit du pacage, tout près
d'un gros pied d'aubépine toujours fleuri et qui,
aujourd'hui, est remplacé par un gros et vigoureux
sureau.
Un jour, le pâtre se met à bâtir une chapelle. En
creusant la place des fondations, il trouve dans la terre
une statue de la Vierge tenant l'Enfant Jésus sur les
bras.
Elle est en bois de sapin et mesuré environ un mètre de
hauteur.
Au VIIéme siècle
La paroisse d'Antras achète à une grande dame
d'Espagne, Madame de Caûrazo, les pacages de l'izard.
AU XIIIéme siècle
Vers l'an 1200 les pacages de l'izard seraient devenus
une forêt (Réf. Eaux et Forêts 1921).
En 1638
La chapelle de l'izard qui vient d'être rebâtie en 1637-1638
est dédiée à Notre-Dame des Neiges et devient un lieu
de pèlerinage régional très important les 4 et 5 août.
Monseigneur Bruno Récade, évêque du Couserans, faisait
sa retraite annuelle à l'izard. Ancien Chartreux de
Paris, il avait tout fait pour se faire nommer évêque
et ainsi quitter le couvent.
Toutefois, l'histoire dit : " qu'il fut un bon évêque
".
En 1793
Au plus fort et plus anti-religieux moment de la Révolution
Française, les gens d'Antras reconstruisent une fois de
plus leur chapelle.
En 1813
L'izard est abandonné aux Domaines.
Cependant, en 1811, on avait payé la taxe de mainmorte,
1,44 F pour " l'Oustaou " (la maison).
Au XIX siècle
La restauration religieuse du XIXe siècle est marquée
à l'izard par une "Indulgence plénière du Pape Grégoire
XVI (1831-1844) aux pèlerins de Notre-Dame de l'izard
".
Le parchemin enluminé exposé dans la chapelle fut détruit
dans l'incendie du 15 mai 1933.
En 1854
Le 14 septembre, un arrêté de Monsieur le Préfet de
l'Ariège autorise l'agrandissement de la chapelle.
Des peintures sont faites par Monsieur Sarda, de Toulouse.
Pour payer les décorations de la chapelle et les achats
d'ornements et autres frais de cuite, on offrait jusqu'à
150 moutons ou autres animaux."
" Un pâtre avait promis un agneau (l'agneau marqué
devint d'une force rare). Le propriétaire pensa qu'un
mouton ordinaire suffirait et il l'amena à la chapelle.
A sa surprise... le gros bélier était déjà arrivé.
Et ce jour, la Vierge eut deux moutons ".
En 1870 et 1871:
On rebâtit: la porte d'entrée, les deux fenêtres avec
gros barreaux de fer carré, on y emploie de la pierre de
taille bouchardée.
Dans la maçonnerie on utilise quelques pierres taillées.
A gauche de l'entrée : " 1645 M: F. ",
souvenir de Monseigneur Mermiesse, évêque de Cahors C.
R. 5 (Cahors Recteur).
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Deux cloches se trouvent de chaque côté de la statue
de la sainte Vierge, au-dessus de la porte d'entrée.
A droite de la statue, la plus petite cloche. Elle date
de 1841 et porte comme inscription: DU PIERRIS Frères,
fondeurs, et le nom de Jean DENCAUSSE
A gauche de la statue, la cloche date de 1878. Ell porte
l'inscription : Bernard MARTIN, fondeur, Foix, et le nom
du parrain et de la marraine: CEP François, "Estivillou",
et MAHENC Marie "HELIP"
En 1904
Lors d'un pèlerinage, un enfant paralysé y est guéri.
En 1914:
Les trente paysans d'Antras partis au front des combats
de la guerre -1914-1918 - sont rentrés tous et indemnes.
Chacun avait sur sa poitrine une parcelle de la statue
miraculeuse trouvée en creusant les fondations de la
première chapelle il y a des siècles.
La guerre déclarée le 2 août 1914, la France est occupée
de la Somme aux Vosges. Dans le malheur, on retourne à
la dévotion et dans le pays vers Notre-Dame de l'Izard.
Avec Monseigneur Izard, un pèlerinage extraordinaire est
organisé, le 14 septembre 1914.
EN 1927
Un pèlerinage des plus édifiant a écrit un témoin.
Un tourbillon d'orage en montagne enlève la toiture en
ardoises de la chapelle et la transporte avec la
charpente au bas des pacages au " Tuc de Lascourt
".
Elle fut rebâtie par Joseph Dommenc Cazals.
Les deux cloches étaient tombées avec la maçonnerie du
pignon. La statue de Notre-Dame resta sur un bout de bois.
Une guérison : Un R. P. Trappiste.
Un enfant d'Antras était devenu estropié vers l'âge de
4 ans. Le docteur ordonne les bains de "Lés "
dans le Val d'Aran. Ses parents, avant de monter à l'étang
d'"Uls " et descendre la vallée de "
Melles ", s'arrêtent à la chapelle. Là, ils
formulent un vœu ...
" ... Si notre enfant est guéri nous en ferons un
curé ". Mais devenu grand, le petit Garié s'est
obstiné à ne pas être curé ; il fuit vite le séminaire:
il veut être missionnaire.
Devenu majeur, il va demander asile à l'insalubre trappe
de " Staouéli ", près d'Oran. Après un court
séjour à la trappe de " Lonato ", il est
envoyé à la trappe de Notre Dame d'" Aiguebelle
" (Drôme), où il meurt en avril 1938.
Là, il se fait le bienfaiteur de la chapelle de l'Izard
qui lui doit l'autel en bois peint, deux candélabres et
la grande statue, sur la porte d'entrée.
En 1933
Le 15 mai, un incendie détruit la chapelle ainsi que le refuge.
Le feu allumé sous la cheminée du refuge par un pâtre,
se transmet par des brindilles de sapin, à la réserve
de bois et bientôt tout a flambé. Un violent orage de
pluie a suivi et les murs, en terre, sont démolis. Les
deux cloches sont enfouies dans le décombre de la façade.
La statue ancestrale de la Vierge disparaît dans le feu.
Le lendemain, par un jour de neige froide, Marie Soulé,
de Sentein, va sur les ruines. Parmi les pierres et les
ardoises brisées, elles découvre et dégage la statue
en plâtre de Notre-Dame, elle est sans éraflures, la
couvre de son imperméable et avec une pieuse fierté la
porte au presbytère de Sentein.
Grâce à l'activité du curé d'Antras, alors secrétaire
de mairie, les fonds sont recueillis pour la
reconstruction de la chapelle.
En 1936
La reconstruction de la chapelle à été rapide et à la
hauteur du sinistre. Les nouveaux murs sont rejointés à
la chaux. La charpente, les poutres et les solives sont
en sapin à vive arête, le plancher en pin bouveté de
35 mm d'épaisseur. La couverture en forte tôle galvanisée.
La surface bâtie mesure 251 m2. La partie sanctuaire 109
m2. Elle continue par la sacristie et une salle commune,
le refuge, avec cheminée et deux grandes plaques de
fonte et un débarras avec sortie par le refuge pastoral.
La porte d'entrée est en deux battants en chêne fermée
par un loquet.
Mais le plancher posé, à cette époque, l'entrepreneur
abandonne les travaux. Sur le sol des tiges de sapin -
des échelles plates -des planches d'échafaudage - des
sacs de ciment - dans un coin une partie de l'autel.
Pendant la guerre de -1939-1945 -
Un observateur d'avion, José Moune, donne à un
capitaine pilote Indo-Chinois, " N'Guyen Van Hin
", pilote de bombardement, qui l'accepte, une
parcelle de la statue et tranquilles, ils acceptent tous
les combats.
En 1947, sur un modeste carton déposé devant l'autel,
on pouvait lire cet ex-voto : " Partis de la
chapelle vers le " Crabère ", égarés dans
les ravins de la "Pique de Mède ", dévalons
dans la brume du soir, entendons une voix qui monte du
pacage, arrivons tous trempés devant le pâtre d'"
d'Hilaou " surpris, émus. A Notre-Dame de l'izard
Merci!...
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En 1954 (Renouveau)
Depuis 18 ans, c'est un chantier en panne que les gens
d'Antras, qui à tour de rôle, viennent surveiller les
pacages, prient et font brûler des cierges.
Ils donnent volontiers des explications aux nombreux
touristes ou estivants.
Un jour... est-ce une conséquence ? Un ami de l'izard à
la pensée le souvenir qu'au XIII° siècle, le plus
brillant jeune homme d'Assise avait entendu le Christ de
Saint-Damien dire... " Va François, répare ma
maison qui tombe en ruines ". De cette parole, un
membre au tiers-ordre de Saint-François doit être l'exécuteur.
La chapelle et le Pèlerinage de Notre-Dame des Neiges ne
sont-ils pas en ruines ?
Dans un garage de Saint-Girons, l'appel du Christ passe
à un jeune colonel en retraite, Adrien Lacroix et à sa
famille, qui prend en charge la restauration de la
chapelle.
Monseigneur Guiller, évêque de Pamiers, est le premier
informé et donne son approbation. Le colonel fait tout
et notamment les transports, pour que la reprise soit un
succès.
Le 5 août 1954, informés, tous les gens d'Antras, leurs
bourricots ou mulets chargés de provisions et d'enfants,
sont là pour la messe célébrée par un R. P.
Franciscain de Toulouse (le curé de Sentein, chargé
d'Antras, était fatigué).
Devant une nombreuse assistance d'estivants, le colonel
Lacroix annonce la reprise des traditions ancestrales du
Biros et présente le comité de restauration de la
chapelle et du refuge pastoral.
Ce comité se compose : Monsieur le maire d'Antras,
Monsieur le colonel Lacroix, Monsieur Alphonse sentein et
Monsieur Sainte-Croix père, entrepreneur des monuments
historiques.
En 1955
Le 5 août reprend le pèlerinage annuel et les cérémonies
traditionnelles.
En 1956
L'autel a été placé sur un podium de trois marches.
Une table de communion enfer forgé avec dorures. Deux
bancs stalles pour les prêtres. Un confessionnal. Des
chaises.
En 1957
Les murs sont talochés fins et peints au spectrol blanc,
les pilastres en bleu (avec étoiles d'or). Depuis cette année là, un certain nombre de projets ont été mis à
exécution.
En 1962
La chapelle actuelle a été rénovée ; elle fut bénie
par Monseigneur Rigaud, évêque de Pamiers.
Depuis cette date, d'autres travaux, petits et grands,
ont été exécutés, spécialement en 1983, à l'intérieur
de la chapelle et à l'extérieur, la toiture fut
repeinte. Des travaux d'assainissement ont été faits
entre la chapelle et le talus et sous le refuge.
Plusieurs travaux de restauration ont été réalisé par le peintre
François Rieu-Castaing, qui a aussi réalisé les deux tableaux présents
dans la Chapelle.
En 1987
L'intérieur de la chapelle a été embelli. La pièce,
dite " sacristie ", a été remise à neuf et décorée;
au refuge, des dégâts ont été réparés... d'autres
projets ?...
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Depuis cette date, d'autres travaux, petits et grands, ont été exécutés,
à l'intérieur de la chapelle et à l'extérieur, la toiture fut
repeinte. Des travaux d'assainissement ont été faits entre la chapelle
et le talus et sous le refuge. L'eau a été apporté à l'arrière du bâtiment.
L'électricité a été installé en 1999, grâce à des panneaux
solaires. L'ancien bas flanc en planche du refuge intérieur a été
remplacé par 6 lits superposés avec matelas en mousse.
Seul l'ancien refuge extérieur est resté
en ruines.
Toutes les réparations ont été faites grâce à la générosité d'un
grand nombre, gens du pays et étrangers.
Les personnes qui y ont travaillé l'ont fait bénévolement
Chaque année, le 5 août, de nombreux pèlerins : gens
du secteur du " Biros " ; gens de l'Ariège;
des estivants et des touristes - adultes et enfants -
viennent à la chapelle.
Un grand nombre se font une joie de prouver à Notre Dame
leur foi et leur amour.
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La fontaine: dite fontaine des Chapelains (en patois: ..
éra hount dés capéras ").
Cette fontaine se trouve à 50 mètres avant d'arriver à
la chapelle.
De chaque côté du socle, coulent deux eaux différentes,
l'une eau naturelle, l'autre ferrugineuse. |
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Prière
du Pèlerinage
à Notre-Dame de l'Izard.
Ô, Notre-Dame de l'Izard, Vierge si
belle au milieu de ces montagnes solitaires, Mère si
pleine d'amour et de tendresse, je vous choisis
aujourd'hui pour ma Mère, Je vous consacre et vous
confie mon âme et mon corps, mes biens, ma famille et
tout ce que je possède, je veux que tout ce que j'ai
soit à vous et à votre divin Fils. Obtenez-moi toutes
les grâces qui me sont nécessaires pour le temps et
pour l'éternité. Vous êtes ma Mère et je suis votre
enfant ; pourriez-vous m'abandonner ? Non, vous me
garderez, vous me protégerez, vous me mettrez à l'abri
du péché, et de tous les malheurs jusqu'à ce que
j'aille au Ciel vous voir, vous contempler et vous bénir
avec Jésus, pendant les siècles des siècles..
Amen.
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